| Points clés | Détails à retenir |
| 🌱 Plantation des vignes | Une période propice pour planter de nouvelles vignes et remplacer les pieds morts ou abîmés. |
| 🍇 Taille des vignes | Les viticulteurs profitent de la saison pour tailler les vignes afin de préparer la prochaine récolte. |
| ❄️ Protection contre le froid | Les vignes sont protégées contre les gelées grâce à des techniques telles que l’écobuage ou l’aspersion. |
Durant l’hiver, les vignobles sont souvent endormis et l’activité dans les vignes semble ralentir. Pourtant, c’est une période importante pour les viticulteurs car de nombreuses tâches doivent être réalisées pour préparer la saison à venir. Les plantations, les tailles et la protection contre le froid sont les principales occupations du calendrier du vigneron en hiver. Dans cet article, nous vous dévoilons en détails ce qui se passe dans les vignes durant cette saison cruciale pour la santé et la qualité des raisins. Découvrez les étapes clés à retenir pour les viticulteurs pour maintenir un vignoble prospère.
01 | Un vignoble endormi, vraiment ?
Au premier regard, un vignoble en hiver donne l’impression d’un paysage figé. Plus une feuille sur les ceps, plus un raisin accroché. On pourrait penser que tout s’arrête. Mais détrompez-vous. La vigne entre alors dans sa phase de dormance, appelée aussi repos végétatif, une étape essentielle de son cycle annuel. Entre novembre et février, la sève cesse de monter et redescend dans les racines. Ce repli biologique permet à la plante de se régénérer, de faire face aux températures négatives, voire aux gels hivernaux. En apparence, tout semble calme, mais ce repos cache en réalité une intense préparation de la future saison. C’est un peu comme un sportif qui se met au repos actif pour revenir plus fort.
02 | Travail emblématique : la taille hivernale
C’est probablement la tâche la plus emblématique du vigneron en hiver. La taille de la vigne débute généralement en décembre et s’étale jusqu’à mars, selon les régions et les conditions climatiques. Elle demande patience, technicité et bon sens. Personnellement, j’aime cette période : elle me connecte à chaque cep, à chaque bras de vigne. Il existe plusieurs types de taille, comme le Guyot simple ou double, très courant en Bourgogne, ou encore le Cordon de Royat, souvent utilisé en Champagne. Le but ? Maîtriser la vigueur de la vigne, favoriser la qualité du raisin et préparer un rendement équilibré. Une mauvaise taille impacte toute la récolte à venir. C’est pourquoi je consacre plusieurs semaines à ce travail, sécateur en main, au rythme du froid qui mord les doigts au petit matin.
03 | Préparation des sols et entretien des parcelles
Pendant que la vigne se repose, le sol, lui, doit être préparé. C’est le moment idéal pour effectuer le buttage – un monticule de terre autour des pieds pour les protéger du froid –, ou le débuttage à la sortie de l’hiver. En parallèle, j’apporte au sol des amendements organiques comme du compost ou du fumier, pour stimuler la vie microbienne en profondeur. Ce travail discret assure la santé de nos vignes à long terme. En bio, l’enjeu est encore plus fort : sans produits chimiques, tout commence par la fertilité naturelle. On utilise parfois des semis d’engrais verts entre les rangs pour relancer la structure du sol. Ce sont les fondations de l’année viticole.
04 | Ce que le vigneron fait à la cave en hiver
On l’oublie souvent, mais la cave est aussi en pleine activité en hiver. Si vous passez les portes de la cuverie en décembre ou janvier, vous sentirez encore les effluves de fermentation. Les vins blancs sont en cours d’élevage sur lies, et les soutirages s’enchaînent pour séparer le vin clair des dépôts. Je passe beaucoup de temps à surveiller les barriques, à déguster les lots, à ajuster les assemblages. C’est un travail de précision et de patience. Quand les températures chutent, c’est d’ailleurs idéal pour la stabilisation naturelle du vin. Tout se joue ici dans le silence du chai, à l’abri du froid, mais avec une attention constante. C’est l’autre visage du vigneron en hiver, plus caché, plus intime.
05 | Attention au climat : anticiper les aléas
L’hiver, l’ennemi numéro un reste le gel profond. Une chute brutale de température en février, et toute la future récolte peut être compromise. Chaque année, j’ai ce stress en tête. Alors je guette la météo, j’installe parfois des bougies antigel ou j’utilise l’herbe naturelle pour maintenir une température un peu plus stable au niveau du sol. Même en période de dormance, la vigne reste vulnérable aux maladies, surtout avec une humidité persistante. Le mildiou, par exemple, peut laisser des spores dans les bois morts. Il faut donc surveiller et, si besoin, intervenir doucement, sans perturber le repos végétatif. Cette surveillance quotidienne fait partie de nos réflexes même en saison dite “morte”.
06 | Bien plus qu’un repos : hiver rime avec organisation
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’hiver n’est pas une période creuse dans le calendrier du vigneron. C’est une saison stratégique. Je profite de cette période pour entretenir le matériel – affûtage des sécateurs, vidange des tracteurs, réparation des piquets de palissage… À la cave, je planifie les futures mises en bouteille. Côté administratif, il faut souvent préparer les documents pour les labels bio, faire les déclarations douanières, anticiper les commandes. C’est aussi là que je trace les grandes lignes de la saison à venir : recrutement saisonnier, choix phytosanitaires, évolution des pratiques. L’hiver est peut-être froid, mais il nourrit l’activité du domaine tout au long de l’année.
Le calendrier mois par mois
– Novembre : fin des vendanges tardives, début du repos végétatif, premières tailles dans certains climats doux.
– Décembre : travaux de taille, buttage, rangement et entretien du matériel. Début de l’élevage des vins en cave.
– Janvier : cœur de la taille hivernale, poursuite de l’élevage et du soutirage en cave. Vigilance sur les gelées.
– Février : fin progressive de la taille, début du débuttage dans les régions précoces, dégustations d’assemblage.
– Mi-mars : la vigne sort de dormance, les pleurs apparaissent, annonçant la future montée de sève.
Questions fréquentes ❓
Pourquoi effectue-t-on la taille en hiver ?
Parce que la sève ne circule plus donc la plante ne « saigne » pas. Cela favorise une meilleure cicatrisation et prépare la nouvelle fructification.
La vigne souffre-t-elle du gel ?
La vigne est résistante à des températures jusqu’à -15°C, parfois plus selon les cépages. Mais les gelées tardives (mars/avril) sont plus redoutables que celles de l’hiver.
Peut-on visiter un domaine viticole en hiver ?
Oui, bien sûr ! C’est d’ailleurs un moment privilégié : moins de visiteurs, plus de temps pour discuter, et une ambiance intimiste. Je prends souvent plaisir à recevoir en hiver, entre deux tailles.
Calendrier du vigneron : les activités hivernales dans les vignes
Loin d’être une période de repos, l’hiver est un moment structurant dans le calendrier du vigneron. Entre taille, soins des sols, vinification et anticipation, chaque action compte pour bâtir la qualité du prochain millésime. Le silence des vignes cache une riche activité que je vous invite à découvrir, en bottes, sécateur à la main, ou verre à la cave.




